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Joke est mort, Vive Ateyaba 👑

S’il y a un bien un rappeur qui se fait désirer depuis quelques années, c’est bien lui… d’ailleurs tout le monde reste toujours dans l’incompréhension car son absence a été totalement inattendue et incompréhensible.
Pourtant, c’est de notoriété publique : il a un projet en suspens, que l’on attend inlassablement depuis son premier album studio Ateyaba sorti en 2014 déjà. “Ultra Violet”, le supposé nom du nouveau projet ne cesse d’être repoussé par Joke, pour des raisons mystiques et nous, son public : on commence à être sur le nerfs !

 

On prévoit tout de même son grand retour cette année dans le Rap Game car :
  • 2018 est une année très florissante pour la musique Rap
  • On en a VRAIMENT marre d’attendre et il risque de perdre la « hype » construite
  • Joke est un énorme potentiel pour le Rap français depuis ses débuts et on souhaite qu’il vienne continuer la carrière insolente qu’il a lancé.

 

Cette semaine, c’est aussi l’occasion pour moi de déclarer ma flamme à la ville qui m’accueille depuis le début de l’année 2018 et accessoirement la ville où a grandi Joke.. pardon, ATEYABA: Montpellier ou aussi MTP ZOO pour les plus téméraires de la street’. Ateyaba a même réalisé un hymne pour cette ville tellement il y fait bon vivre et je ne peux que valider son avis, je vous laisse découvrir direct le morceau:

 

 

Jeune, talentueux et ambitieux

 

Gilles Ateyaba Kofi Soler de son ancien nom de scène : Joke, et rebaptisé récemment Ateyaba est un artiste rap français à très fort potentiel originaire de Montpellier.
Né le 27 Octobre 1989 à Narbonne dans le Sud de la France, il y grandit quelques années, élevé par sa mère seule avant de déménager vers l’âge de 10 ans, dans la ville de Montpellier et plus précisément dans le quartier de La Paillade.

 

Dans sa tendre enfance, il est déjà inspiré par la musique et l’art transatlantique et notamment par des artistes comme Dr Dre ouKanye West, duquel il s’applique à traduire les textes afin de mieux les comprendre, pour les rapper à son tour.
Son intérêt pour le rap et la musique se concrétise rapidement car dès l’âge de 9-10 ans, il commence à écrire ses propres textes et ses premiers freestyles. Ateyaba n’a peur de rien et n’hésite jamais à exposer sa musique au grand public : il publie ses premiers titres sur MySpace et est invité à monter sur scène, pour la première fois, dès l’âge de 10 ans avec le groupe originaire de Seine-Saint-Denis,La Caution.

 

Déjà, Ateyaba se fait remarquer ! Son freestyle était une belle réussite pour son âge, il épate le groupe La Caution et ses sons sur MySpace sont vivement remarqués par un membre du groupe TTC, Teki Latex qui représente également le Label parisien Institubes.
En 2008, son travail se concrétise et il effectue ses premiers déplacements à Paris pour rencontrer Teki Latex, son crew et son label. Le feeling est plutôt bon et tout le monde croit au potentiel de Ateyaba à l’époque pour entamer sa carrière dans la musique.
Teki Latex prend le jeune rappeur sous son aile, à l’époque âgé de 19 ans, et le fait “signer” chez Stunts, le département Rap du label Institubes.

 

Le “charbon” commence officiellement pour Ateyaba qui va finalement commencer à travailler sur son premier street album, ‘Prêt pour l’argent’ pour le sortir en Août 2009.
2 ans plus tard, à la suite d’une belle première entrée en matière, il “remet le couvert” toujours dans l’optique de prouver qu’il a les épaules assez larges pour le Game, il va sortir son premier EP, ‘Prêt pour l’Argent 1.5′ qui aura déjà, de façon logique, un plus grand retentissement que son premier street album.
Sur ce projet, Ateyaba collabore notamment avec – le présentement plus célèbre –Myth Syzeret trouve son identité dans une musique trap/ électronique et un style écrit très orienté EgoTrip. On sent déjà la forte inspiration qu’à eu la musique américaine sur son style musical et les productions sur lesquelles il choisit de kicker.
Il fait de Montpellier son bastion et souhaite que l’on associe sa musique à cette ville de France qui n’a pas encore eu son “artiste étendard” pour la musique Rap. Il adopte une posture intéressante, non stratégique à l’époque je pense, mais qui fait encore son effet aujourd’hui : Ateyaba reste l’artiste référent lorsque l’on parle du Rap en provenance de Montpellier aujourd’hui, même s’il a pris une très longue pause, sa musique est encore dans les esprits et les coeurs.

 

Ateyaba fait ses armes et c’est dans l’année qui suit qu’il va signer dans le Label d’Oumar Samaké,Golden Eye Music qui va l’accompagner sur quelques projets.
Pour célébrer cette signature, il sort dans la foulée son nouvel EP ‘We Made It’ avec des très gros featurings qui viennent lui apporter une nouvelle exposition plus “mainstream” de rappeurs déjà installés comme Mac Tyer, Lino et Niro.

 

 

Le coup est plutôt réussit car il est clairement validé par ses pairs dans l’industrie rap en France. Il commence à avoir une exposition grandissante et le public commence à “s’accommoder”, en réalité plutôt, à apprécier cette musique encore assez futuriste : électronique et rap à la fois.
Pour enfoncer le clou, il sort l’EP ‘Kyoto’ le 12 Novembre 2012 sur lequel il enrichit son style musical tout en gardant sa ligne de conduite habituelle.
L’accompagnement de Golden Eye Music se fait sentir au niveau de la production et l’articulation des titres sur les projets. En parallèle, le label structure ses collaborations et permet à Ateyaba de travailler avec des gros beat makers qui font passer ses projets à des niveaux supérieurs en terme de production et de finition musicale.
Sur ce dernier projet, on retrouve Wealstarr, Blastar (aussi managé chez Golden Eye Music), Cannibal Smith, Richie Beatsou encore Leknifrug qui a produit Scorpion que l’on a pu découvrir plus haut.
Alors que l’EP ne fait qu’une sortie en format digital, il se hisse sans pression au top Itunes. WIN, WIN, WIN !

 

Ce dernier projet ‘Kyoto’ est son ticket d’entrée en maison de disque car il prouve avec le succès d’estime de ses précédents projets qu’il est capable de convertir l’essai en véritable réussite commerciale avec des moyens adéquats… notamment grâce l’accompagnement financier et relationnel d’une maison de disque.
Au vue de l’étroite collaboration qu’Oumar entretient avec Def Jam(c’est un ancien directeur artistique de la célèbre maison de disque), Ateyaba signe inévitablement chez Def Jam pour préparer “la guerre”. La contractualisation s’officialise le 21 Décembre 2012.

 

Ateyaba, par le biais de ce projet ‘Kyoto’ commence à inscrire quelques uns de ses titres dans les annales du Rap Game surtout dans le contexte de renouveau du Rap dans les années 2013 apporté principalement par la Sexion d’Assaut et Wati B.
Bien évidemment, aujourd’hui, on se souvient encore de Triumph, Scorpion et MTP Anthem, l’hymne pour la ville de Montpellier que l’on a pu apprécier au début de l’article.
Globalement, on retrouve des instrumentales très dark et électriques. Ateyaba réussit à affirmer son identité autour de l’egotrip et aussi de la nonchalance qui lui font créer un nouveau style de rap planant et ambiançant à la fois : Un précurseur à mi-chemin entre la Cloud et le Trap qui n’ont pas encore leur étiquette précise à l’époque…

 

 

« Le plus dur, c’est pas d’arriver au sommet, c’est d’y être. »

 

Ateyaba et son label Golden Eye Music continuent à charbonner pour préparer le “terreau musical” qui va permettre de sortir l’album d’Ateyaba en grande pompe pour en faire une réussite commerciale.
Toujours fidèle à son crédo encore innovant à l’époque, Ateyaba réitère l’exercice avec une nouvelle ville japonaise,‘Tokyo’ cette fois.
L’EP sort le 27 Mai 2013 chez Golden Eye Music mais la distribution est assurée par Believe Music. La collaboration ne va pas se passer comme prévue car à la dernière minute, les revendeurs (FNAC et autres) vont abandonner la sortie physique en jugeant le projet trop vulgaire pour le grand public.

 

En 2013, le Rap n’a pas encore l’emprise qu’on lui connait aujourd’hui sur la Culture alors la raison est suffisante pour une annulation brutale et ne fait pas de vague médiatique. Le public n’est pas vraiment informé de ses changements même s’il s’en étonne jusqu’à l’annonce officielle faite par Oumar. En tout cas, le soutien des fans d’ Ateyaba est inconditionnel en digital car ‘Tokyo’ prend la4ème place au Top Album Ituneset fait la meilleure entrée sur sa semaine de sortie en terme de ventes.
Musicalement, la recette est toujours la même et c’est toujours un délice pour les Aficionados du style. Ateyaba ne prend pas de gros risques musicaux, on retrouve de grosses similitudes avec l’EP précédent, il habitue le public à sa musique et lui, en même-temps, réalise ses rêves en allant au Japon pour la première fois pour tourner des clips. Rêve de Gosse !

 

 

Ateyaba dévoile enfin son premier album ‘Ateyaba’ en 2014 et c’est une belle réussite pour un premier album qui s’écoule à plus de 10k exemplaires en première semaine et squatte quelques jours en numéro 1 des charts.
Ateyaba n’a pas fait de gros changements si ce n’est, je trouve, une légère adaptation de ses textes pour être raccord au Rap Game et aux champs lexicaux de l’époque. Personnellement, je fais partie de ceux qui pensent aussi stratégie pour donner de l’exposition à l’artiste en premier lieu alors je dirais que c’était un bon choix pour son premier album même si les puristes diront qu’il a déjà trop adapté et travesti son style… Malgré la fraicheur de l’artiste et connaissant la rapidité à laquelle l’industrie rap change, ce n’est pas étonnant que le public soit déjà un peu critique, après quelques projets “monotones” du même artiste, même si le bilan est largement positif !

 

Aujourd’hui, les titres de cet album tournent encore dans les soirées hip-hop en France : On est sur les nerfs, Majeur en l’air, Miley en featuring avec Dosseh, etc. C’est un super gage de qualité pour lui que sa musique perdure dans le temps malgré son comportement mystérieux et agaçant.

 

Ateyaba n’a jamais vraiment été chanceux dans sa carrière et il le dit lui-même dans le titre Casino mais on pourrait croire que le sort s’acharne sur lui car au bout d’une semaine de sortie de l’album, il a des litiges au niveau de certains “samples” qui les obligent à arrêter l’exploitation de sa musique jusqu’à résolution de l’affaire.
En 2015, après quelques mois d’exploitation perturbé sur Ateyaba, il revient avec un EP GRATUIT : ‘Delorean Music’. C’est un choix qui est plutôt surprenant à mon avis, qui sape un peu le travail effectué sur Ateyaba mais qui exprime la détermination et l’amour de l’artiste pour la musique.
A posteriori, on peut comprendre parfois son silence radio jusqu’à aujourd’hui car sa carrière n’a pas été d’une stabilité et d’une réussite exemplaire malgré l’image lustrée que nous en avons tous aujourd’hui. Ateyaba aurait clairement pu avoir une carrière plus “linéaire”, une image mieux maitrisée et une rentabilité plus forte avec une minutie plus accentuée mais ce n’a pas été le cas et c’est ce qui fait probablement tout son charme. Ateyaba sait qu’il joue avec nos sentiments et ça le ravit, comme s’il voulait nous “dogginer” comme il le dit souvent. (nous séduire pour conclure)
Comme pour séduire une fille qu’il courtise depuis un moment parce qu’il pense être amoureux mais lorsqu’il est avec elle, il a des doutes et préfère s’en aller.

 

Fuis-moi, je te suis; Suis-moi, je te fuis mais pour combien de temps avec le Rap Game ?

 

Le Grand Retour ?

 

En 2017, on a eu espoir pendant quelques semaines voire mois. Il a fait son grand retour en collaboration avec Nike pour la sortie du nouveau modèle phare de la marque : la VaporMax.
Le retour a été léché et budgété comme il faut sur son nouveau son Vision qui nous a tous mis en sueur… avec un instrumentale obsédante et un flow lancinant pour imposer son retour, sa signature vocale dans le Game.

 

 

Une clip magnifique avec une image parfaite d’Ateyaba avec beaucoup de style… comme toujours. C’est probablement son héritage des années passées dans le Sud de la France, qui je trouve porte beaucoup d’attention à l’apparence (style et vêtements).
4 mois plus tard, 3 titres surgissent de nulle part : Caramelo, Playa Pt. II et Mendeleïev.
Les fans sont en sueur à nouveau mais le passage est de courte durée comme d’habitude. Sur ses 3 tracks, on retrouve Ateyaba avec son flow nonchalant et des mélodies rafraichies, ce qui est plutôt positif pour relancer l’intérêt des fans qui ont déjà certainement trouvé leurs “nouveaux rappeurs préférés”.

 

2018, Ateyaba est présent dans le Rap Français sans vraiment être là.
Il est actif sur les réseaux sociaux en teasant des photos, un CHANGEMENT DE BLASE, des featurings, avec Charlotte Gainsbourg notamment. Mais rien de concret comme une date ou une track list.

 

 

Il est présent sur 6 tracks différentes sur des projets qui ne sont pas les siens. Il fait un feat avec Dinos, Flaco, Ikaz Boy ou encore Veerus.
On peut trouver également 3 leaks sur Youtube dont Omega que j’ai trouvé méchamment bon, 24kt et Oh My God.
On peut assurément garder espoir de recevoir un EXCELLENT projet surprise d’Ateyaba cette année…

 

LE SON: Ateyaba – Ateyaba – Ateyaba

 

Etant donné qu’Ateyaba n’est pas connu pour être un légendaire lyriciste ni un conteur d’histoires émérite, j’ai du creuser dans tous les recoins de ma mémoire et dans sa discographie pour vous parler d’un titre qui m’a touché et c’est chose faite !
Le titre de cette sous-partie est peu évocateur mais vous allez rapidement comprendre : l’artiste s’appelle Ateyaba, le premier album s’est appelé Ateyaba et le titre de la chanson, c’est Ateyaba donc le compte est bon pour Ateyaba, 3 fois !
Pourquoi cette obsession avec ce nom Ateyaba ? Tout simplement, parce que le titre parle du Grand-Père de Joke qui s’appelait lui-même : Ateyaba. Il semble évident que son grand-père ,ou même uniquement la connaissance de son histoire, ait pu le toucher profondément. De plus, avoir des origines africaines et plus précisément égyptiennes, c’est du “pain béni” pour Ateyaba et sa musique :

 

“Privé d’histoire, mes racines n’ont pas d’racines”

 

Globalement, le son parle de la colonisation de la France et de ses conséquences mais voyons d’un peu plus près la chanson pour mieux nous imprégner de l’artiste de cette semaine.
Premièrement, Ateyaba est construit d’une façon intéressante car le premier couplet évoque le passé colonisateur de la France et l’exploitation de l’Afrique.
Le second couplet parle quant à lui plus en détail des conséquences actuelles du premier couplet.
On peut déjà dessiner l’esquisse d’un avant/ après colonisation dans cette chanson.
Finalement, le troisième couplet apporte une touche d’espoir après ces atrocités:Il faut continuer à charbonner, le succès est à portée.

 

Dès le premier couplet, dans les premières punchlines il invoque la culpabilité de la France dans l’exploitation des terres, des ressources et des peuples africains.
“Dis-moi, l’argent d’la France est extrait de l’or jaune des noirs
De l’or noir des noirs, mon Dieu parlez-moi”
Il parle également de l’injustice et des atrocités que ses ancêtres ont subi car on leur prenait systématiquement leurs enfants pour qu’ils puissent être utile à la construction et l’édification de la réputation de l’Europe.
De plus, il met la France face à ses propres crimes car cette exploitation s’est faite dans la violence et le mépris d’un autre peuple qu’ils croyaient d’une autre “race” et qu’ils ont systématiquement considéré comme inférieur à leur propre « race »…

 

“Violer nos mères devant nos pères soi-disant bienfaiteurs

 

Si ton sang coule tu coopères”
A l’époque, les africains n’ont eu d’autres choix que de coopérer à l’oppresseur français car ils ont fait confiance et ont été dépassés par le manque de valeurs humanistes des “colons”.
“Descendant des enfants d’la vallée du Nil, Quelque part sur la Terre, au loin sur une île”
Les 2 premiers vers du deuxième couplet évoquent les origines de l’exploitation qui étaient essentiellement africaines et plus précisément Ouest africaine pour la France.

 

Comme Kendrick Lamar dans DNA, Ateyaba veut insinuer qu’il y a certainement du sang pharaonique et de la royauté de son ADN : chose que l’on entend à plusieurs reprises dans sa musique sur Pharaon ou Louis XIV. Il estime pouvoir prétendre à plus dans sa vie, il le sait, un grand héritage royal coule dans ses veines.
Dans le deuxième couplet, Ateyaba évoque la crise identitaire que certains jeunes fils d’immigrés traversent en France à cause de la remise en question permanente des gens et du traitement inégalitaire dont ils sont parfois victimes.
“Ici faut s’intégrer, ici c’est difficile”
Il nous rappelle que ses ancêtres et beaucoup d’africains ont aidé à bâtir la France, beaucoup de nos ressources proviennent et même, ont été volées à l’Afrique pendant la période coloniale. Comment pouvons-nous être racistes aujourd’hui ? Ca serait oublié l’Histoire quand elle a été en notre défaveur…
Et en parlant de l’Histoire, Joke n’y croit pas un traître mot :“En cours j’ai appris une histoire fictive”. Il estime que l’on a bafoué son identité et qu’en plus, on a contribué à élever une génération de racistes pour qui la colonisation n’a aucune gravité et fait partie arbitrairement de l’Histoire.
De plus, le racisme n’a plus de limites de couleurs aujourd’hui car les noirs sont racistes entre eux à cause d’une crise identitaire africaine également.
“Des noirs tuent des Noirs pour prendre la place d’autres Noirs”, Ateyaba fait certainement allusion au carriérisme qui est sans foi ni loi aujourd’hui dans toutes les sociétés. Chaque personne souhaite privilégier sa propre position au détriment de la fierté des siens et de son peuple alors personne n’hésite à écraser son prochain pour y arriver même s’ils partagent un passé commun et une ethnie similaire.

 

Le troisième et dernier couplet se termine par une touche d’espoir pour la génération actuelle d’auditeurs. Même si ce message est intemporel, il fait encore plus sens aujourd’hui :

 

“Mais j’vous l’dis notre futur sera radieux
Nous avons grandi ici grâce à Dieu
Gloire à lui car, ici c’est chez nous
Nos parents l’on acheté dans l’sang en encaissant les coups”

 

Ateyaba lâche un petit pic aux racistes et haineux en leur rappelant l’Histoire, la vraie d’après lui, pour leur dire qu’en tant que fils d’immigrés, il a tout à fait sa place en France et sa légitimité réside dans l’Histoire de France et la contribution de ses ancêtres dans l’érection de la France en tant que puissance européenne.

 

Etudier Joke n’a pas été une mince affaire car malgré tout ce que l’on peut trouver sur lui, il n’y a eu que peu d’interviews récemment pour avoir son opinion et son état d’esprit concernant l’industrie actuelle. Tout ce qu’il a fait précédemment était pour exprimer son art en tant que Joke alors que j’ai l’impression qu’il a passé un cap de vie à présent.
Je vois le “Joke est mort, Vive Ateyaba” comme une véritable renaissance pour lui autour de certaines valeurs qui ont pris plus d’importance récemment car il est devenu père, il a maintenant du recul sur l’industrie musicale et cerne mieux, comment il veut marquer la musique de son temps.

 

D’ailleurs, il a toujours été considéré comme en avance sur la musique et le rap qu’il y a eu en France. En ce sens, il a été précurseur car il a pris son temps en abattant une somme folle de travail, malgré son jeune âge, pour imposer son style musical et faire comprendre la sensibilité de sa musique. Aujourd’hui, beaucoup de rappeurs peuvent vivre et percer grâce à l’éducation qu’il a initié à l’époque sur le public.
Sous couvert de son rap archétypé : les pétasses, la défonce, l’oseille et le fame, Ateyaba a l’air sincère lorsqu’il aborde certains sujets qui le touche comme l’immigration, l’intégration et les liens familiaux : il le fait très rarement mais sa musique est touchante car on ressent la passion pour son art.
A la manière de Damso aujourd’hui, ce sont des artistes qui entretiennent une image péjorative envers les femmes (souvent taxé de misogynie, il joue au mal alpha et intouchable), ils entretiennent une image parfaite dans les clips et savent exactement ce qu’ils veulent faire dans la musique (Joke s’est fait beaucoup accompagné par Blastar pour avoir des instrumentales en accord avec son univers) car ils ont une bonne compréhension des mécanismes de l’industrie aujourd’hui… De plus, la vulgarité et le manque de respect font partie de leur quotidien depuis des lustres et ce sont des personnages entiers alors ils ne feront pas la part des choses juste pour faire plaisir à la musique.

 

Aujourd’hui, Ateyaba est quelqu’un qui assume ses choix et fait ce qui lui plait avant de systématiquement penser à des choix stratégiques envers son auditoire. C’est également ainsi qu’il voit la musique qu’il créé beaucoup à l’instinct: il le dit lui-même, s’il pose de façon nonchalante, ce n’est pas une attitude, il le fait de façon spontanée en fonction de la musique qu’il entend et qui l’inspire.
Constatez juste son absence prolongée dans le Game alors qu’il avait son succès à disposition. Je pense qu’il a rapidement pensé à lui et il aurait tord de faire le contraire s’il peut se le permettre.
Une chose est sûre en revanche à mon goût : ça fait quelques temps déjà qu’il prépare son retour et je pense qu’il va se lancer pour défi de chambouler à nouveau le rap français comme il l’a fait la première fois où il est arrivé dans le Game.
A savoir, réussira-t’il cette fois-ci à réitérer son succès d’estime et à le convertir en véritable succès commercial ?

 

 

The G.

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