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SSKYRON confère une troisième dimension à son projet lunaire avec Purple Moon

La dualité est un concept qui marque nos vies au quotidien. Souvent manichéen, notre esprit fonctionne de manière binaire, où tout semble mis en opposition. La lumière / l’obscurité, le bien / le mal, le début / la fin ou encore l’introspection et l’expansivité.

Des concepts en apparence aux antipodes, mais pourtant indissociables : sans l’un, l’autre ne peut subsister.

 

SSKYRON paraît comme Morpheus, illustre guide sorti de l’imagination des sœurs Wachowski qui nous délivraient l’une des plus célèbres trilogies du Grand Ecran de ce XXIème, doté de ses fameuses pilules bleus et rouges, avec Blue Moon et Red Moon parus en 2019.

Les deux EP faisant la part belle à l’équilibre sont tous deux composés de trois titres. Le premier sonne chez l’artiste comme une plongée dans son moi-intérieur, quand l’autre, plus vif, invite à se questionner sur des rythmes plus entrainants.

SSKYRON crée cependant l’agréable surprise de nous délivrer, en cette année 2020, l’EP « Purple Moon », dont la sortie a été ponctuée astucieusement d’indices et d’énigmes aux fonctions de teasing, fonctionnant ainsi comme la fusion des 2 EP précédents et proposant une nouvelle lecture de cet astre musical.

RUN GARDEN vous propose ainsi une étude de ce projet auditif en trois parties, prenant le parti d’un ordre de lecture de l’intime à l’ouvert, pour l’appréhender d’abord de manière parcellaire et le comprendre ensuite dans son entièreté.

CHAPITRE I. BLUE MOON ou l’intériorité

“…comme je vis dans le noir elle m’aide à trouver mon chemin » – Blue Moon

Dès les premières notes du titre éponyme de l’EP, SSKYRON fait l’éloge de l’astre lunaire, si propice à l’inspiration des poètes et artistes depuis des générations. S’il ne prend pas le parti de suivre les rayons du soleil, il confirme que la lune et ses reflets bleutés suffisent à le guider.

L’astre de nuit et son caractère mélancolique voire hypnotique, incite au vague à l’âme et permet de trouver la route vers l’introspection, pour mieux se comprendre et cheminer vers l’Eveil.

Cette pérégrination est ainsi narrée sur le track déclamé en créole « Kissa mi lé », dont les sonorités frôlent l’ésotérisme.

« J’ai attendu toute ma vie pour faire ce voyage

Comme un déclic qui me dit : pourquoi tu te caches ?»

Cette plongée dans l’univers de l’artiste à fleur de peau se poursuit en suivant l’entrée lumineuse du long tunnel présent au début et à la fin du clip « Monde Imaginaire » réalisé par Kenlo Primate. Le clip propose une esthétique des plus soignées, mettant en scène des protagonistes enveloppés de noir et de bleu nuit, plongés dans une dimension sujette au rêve, à l’onirisme.

L’artiste convie son public au sein même de ses songes, une position rare et privilégiée.

Chapitre II. RED MOON et l’extroversion

 

Changement de décor auditif, si vous venez de BLUE MOON, aux sonorités douces et mélodieuses, quelques secondes suffiront pour vous faire bouger la tête et vous donner l’envie de remuer sur QLF (comprendre Que La Famille).

Sur cet acronyme mis à l’honneur par le duo fraternel des Tarterêts, SSKYRON remercie ses proches .

« Pour m’évader je n’ai besoin de personne

Personne d’autre, que la famille »

La vivacité des sonorités viendrait même saupoudrer de fierté cette affirmation de l’artiste à rester seul sur sa planète et dans son univers. Il assume pleinement cette marginalité du moment qu’il est entouré de « ses vrais ».

« Essaye magine oussa ou veu allé » – Aller au large

« Peu importe la raison, je regarderai toujours plus loin que l’horizon – Horizon

« Allez suis-moi, suis-moi prends ma main, vas-y monte je connais le bon chemin » – Horizon

Suite à la découverte de soi, à son introspection et à son Eveil, SSKYRON et son projet RED MOON se positionnent comme une main tendue bienveillante, un guide auditif pour vous inviter à votre tour à explorer vos souhaits et ambitions.

L’artiste aurait pu en rester là. Deux projets parus en même temps, miroir l’un de l’autre. L’un de l’ordre de l’intime, l’autre orienté vers l’entourage et le public. Mais SSKYRON en a décidé autrement.

Il nous fait adroitement comprendre que BLUE MOON et RED MOON sont les deux faces inséparables d’une seule et même pièce, d’un seul et même individu. Leur convergence donnera ainsi naissance à PURPLE MOON, dont la forme dénote déjà avec les EP précédents, proposant 4 titres au lieu de 3.

Chapitre III. PURPLE MOON – Intégralité et expérience

Dès le premier track de l’EP, intitulé « Kwé i serv », SSKYRON réussit avec brio et en moins de deux minutes à montrer la fusion des deux univers.

A Kwé i serv ? est dynamiquement martelé, comme le point d’interrogation géant et planant au-dessus de tous. Comme la clé de voûte de l’interrogation perpétuelle de l’artiste.

« Prend l’élan pou allé pli loin » : tout de suite, on retrouve cette énergique invitation et incitation à également en faire de même.

S’interroger, se poser les bonnes questions, suivre le cheminement, assumer ses choix. Nous sommes des voyageurs sur le radeau qui arpente une multitude de courants nous menant jusqu’à l’Eveil.

Purple Moon c’est la fusion, on le répète, mais c’est encore plus que cela. C’est l’audace de l’évolution, de l’expérimentation, vers une nouvelle lune.

Il n’y a qu’à prêter l’oreille aux sonorités exposées à la fin de « Des connectés » où interviennent des sonorités électroniques, rappelant celles de Kavinsky ou encore les saxophones sur «Masqué».

 

« Tu prends ton temps pour bien faire les choses, mais ils ne comprennent pas

Ils préfèrent la quantité mais pas la qualité » – Fais le job

Le secteur musical est aujourd’hui on ne peut plus prolifique, des multitudes de sons paraissent chaque jour et beaucoup finissent aussitôt aux oubliettes. SSKYRON expose ici qu’il ne tombera pas dans la production de sons à outrance pour servir son audience et qu’il préfère rester fidèle à lui-même et délivrer de la qualité.

Cette qualité on la retrouve tant dans le travail sur l’exploration des sonorités sur les projets, que dans la maîtrise d’un vocal cristallin jusqu’à l’époustouflant esthétisme des jaquettes.

Tel un « Maître Kaïo » sur sa planète, SSKYRON est un artiste dont les apparitions médiatiques ne sont pas légion. Il parle et se livre peu, reste allusif, évasif, enveloppant ainsi son art d’une aura proche du mystique et de la fascination qu’il est à notre sens le seul à posséder sur la scène locale aujourd’hui.

Pour mieux le connaître, comprendre ses mécanismes et ce qui l’anime il n’y a finalement qu’une démarche à suivre : celle du voyage dont il ponctue ses sons et textes, voyage auquel il nous invite. Il suffit d’y prendre part en s’embarquant à bord des écoutes de Blue Moon, Red Moon et Purple Moon et à vrai dire dans l’ordre de votre choix ; rien n’est défini au préalable.

Ne pas suivre un ordre, se perdre même, fait partie du processus de questionnement. L’Eveil en est le but ultime et les 3 EP fonctionnent comme un fil d’Ariane sans sens défini pour vous aiguiller.

« C’est pas le hasard mais l’univers qui me donne rendez-vous »

SSKYRON un passionné des connexions dont la musique fait le lien entre les astres et les êtres.

Tony D.

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