fbpx

Pourquoi « l’EST ANGELES » marque un virage dans la carrière du 240 GANG ?

En ce mois de septembre 2020, flotte un doux parfum de reprise et de retour au charbon dans le Rap Game. Si l’on ne sait plus où donner de la tête face aux multiples sorties de projets, freestyles et clips au niveau national ; on constate avec plaisir que la scène locale n’est pas en reste !

Et c’est au 240 GANG qu’on doit ce régal auditif avec la sortie le 11/09 de leur mixtape L’EST ANGELES, un projet de 10 titres désormais disponible sur les plateformes de streaming ainsi que sur Youtube.

 

Avant la sortie du projet tant attendu, les membres du trio ont proposé des projets à leurs fanbase, en guise de salle d’attente mais aussi de teasing.

C’est notamment le cas de Joe Rem, qui sortait il y’a un mois le clip En Plèr feat Le Moonjor, véritable pluie de punchs, avec à la fin de la vidéo l’annonce de la sortie imminente de la mixtape.

Il en allait de même pour Guimzy, seul membre du crew aujourd’hui expatrié en métropole, qui s’était fait rare depuis un moment mais qui a sorti de manière consécutive Ringtone et Poison.

Kid Flash, qui nous a fait récemment le plaisir de nous accorder une interview, s’est fait un peu plus discret sur la partie musicale, au profit du beatmaking avec sa chaîne « Lekid Beatz » et de ses activités dans le visuel et la réalisation de clips sous le pseudo « Steff Warow ».

 

 

Il semble d’ailleurs qu’il soit à l’origine de la cover de la mixtape. A l’avant de celle-ci, on retrouve les 3 MC’s caricaturés en persos de BD, arborant un sweat « 240 », symbole du crew, dos à la célèbre colline d’Hollywood, cœur de la west coast et des superproductions qui font vibrer le monde. Une pochette égotrip pour montrer qu’ils ont envie de tout rafler d’emblée ?

L’arrière de la pochette comprenant la tracklist affiche des nuages tourbillonnant dans le ciel, comme s’ils auguraient que ce magnifique beau temps pourrait bientôt tourner au vinaigre ? On peut aussi y voir la préparation en cours d’un cyclone de « chiasserie » qui va s’abattre sur le Rap Game !

On remarquera également que le trio a fait fort en termes de marketing en dévoilant des « vizualizer » sur Youtube pour chacun de leurs sons. Cela permet ainsi de disposer de visuels exclusifs et de laisser tourner l’album en fond, lorsqu’on l’écoute pour chiller, posé, en soirées…Le 240 Gang s’apprécie avec tympans et pupilles.

 

Rentrons dans le vif du sujet sans plus tarder avec l’intro, intitulée Labo !

Kid Flash nous l’expliquait en interview, la préparation de la mixtape a pris du temps. Alternant leurs vies respectives entre La Réunion et la métropole, les échanges peuvent parfois être laborieux avec les accords d’agendas, décalages horaires, envois et renvois des sons, correctifs, …un vrai travail préparatoire, digne donc d’un laboratoire.

Mais l’attente a valu le coup ! Les 3 scientifiques du Mic ont ainsi pu laisser libre cours à leur expression et créativité et en sont sortis une multitude d’expériences qui ponctuent la suite du projet.

 

 

Guimzy emprunte ici par moment un flow sombre et caverneux qui ressemble aux notes les plus graves des orgues, alors que Kid Flash se posera à l’antipode en ne manquant d’user d’envolées vocales aigues autotunées pour toujours rester dans la justesse.

 

Guimzy, comme on a cru le comprendre sur ces deux tracks sortis avant l’album, Poison et Ringtone, opte davantage pour les vibes mélodieuses et un flow type « lazy ». C’est nonchalant, planant, mais toujours bien écrit et impactant.

On peut le vérifier notamment à l’écoute de sons tels que Rrari où Guimzy entonne un refrain qui va rapidement rester dans la tête ou encore sur Dalon, mais il va vous surprendre avec son débit rapide sur Sale Flow. Attention donc à ne pas enfermer le « Tron-pa » dans une case !

 

Pour Kid Flash et Joe Rem on sera davantage dans le débit multi-syllabique et le découpage. Les deux Mc’s versent habilement dans l’art des métaphores, soutenues par des déflagrations techniques.

Nous l’évoquions aussi sur En Plèr où l’on comparait l’entrée de Joe Rem à celle d’un Panzer ! Voilà qu’il remet ça sur le son Tank. De noir vêtu, durag et grillz en bouche sur le vizualizer, Joe Rem hausse le ton et lance son attaque dans les tranchées ennemies sur une lourde instru trap.

 

Il en lâche également des belles sur Sale Flow

 

Dans océan de regrets tu vas nager

Moi sur une montagne de blé je vais marcher

__________

 

Toute façon zot vien pa zot lé a chié

Fai pas l’intouchable mi vise talon d’Achille 

 

Kid Flash n’est pas en reste et a ce don pour nous imprimer une image dans la rétine à peine les paroles montées au cerveau. Le tout saupoudré de références à la pop culture :

 

Mi na l’instinct comme Goku

Ou change de camp comme le comte Dooku – Sale Flow

 

Bonnes références au stade le plus ultime de puissance de San Goku, de l’univers Dragon Ball Z Super, ainsi qu’à Star Wars, avec le Jedi Dooku qui verse dans le côté obscur pour devenir Dark Tyranus. Des références dignes d’un rappeur vidéaste !

 

Si les styles des membres du 240 Gang s’assemblent parfaitement comme un puzzle, il semble que cette perfection puisse ponctuellement se révéler sublimée, par une pièce atypique : Le Moonjor, seul artiste en featuring sur le projet sur le titre En Low.

 

 

Désormais expatrié au Canada, le Moonjor qui a marqué les esprits sur Harvard, Papi ou encore Sasuke, est un familier du 240 Gang.

 

L’alchimie entre le collectif et le rappeur est tellement en place que leur fanbase a longtemps pensé que le M20N faisait partie intégrante du 240 Gang ! Mais cela n’empêche pas le Moonjor de sortir de sa soucoupe de temps en temps et de lâcher le fuego !

 

Comme ils font les choses en grand, on laisse de côté le vizualizer pour proposer un véritable clip, mis en boîte par le réalisateur Lucas Paüs, familier des collaborations avec les 4 rappeurs.

Le clip, tourné en juillet 2018, nous emmène à Palavas-Les-Flots, près de Montpellier où les rappeurs ont des attaches. En tenue estivale, granités colorés en mains, ils déambulent dans les rues et s’arrêtent sur la plage pour débiter leurs couplets et taper une gestuelle. Dans ce domaine encore, Le Moonjor assure !

 

On approche de la fin de la mixtape, pour découvrir l’excellent et très attendu Vision 2.  On imagine bien Guimzy, le joint à la main, nous expliquer qu’il s’agit de « l’outro, la Cerise sur le Ka*o !» et taper une barre de rire avec les autres membres du crew !

 

Vision 2 est donc la suite du premier Vision, véritable bijou visuel et auditif qui propulsa le groupe et comptabilisant aujourd’hui plus de 1,8millions de vues sur Youtube. Un succès.

 

 

A l’instar du premier volet, le son démarre sur le refrain chantonné par Guimzy. Les deux titres sont des odes à leur crew, à son authenticité, à son unicité et à son ouverture aux seuls vrais qui composent leur cercle.

 

Mi enten ankor kou vé kick samb’ nou

Na rienk ton bitch fume la weed samb’nou

Na rienk lé vré y peu « eat » / « hit » samb’nou

Na rienk bann tarlouze rode beef samb’nou

 

Et ensuite rappelant le message comme un « tu rêves mec » de manière entêtante :

 

Sa lé da’te-tê

Qui rappelle ce que Guimzy débitait de la même façon sur Vision

Dalon mi di a ou sa lé dan la tete ouais, sa, sa lé dan la tête

 

En 4 ans rien n’a changé, les valeurs du 240 Gang sont immuables et les propos tenus dans Vision 2 font écho à ceux débités dans la version antécédente. Une promesse tenue et accomplie.

La seule chose qu’on pourrait réclamer, c’est aussi une version clippée !

 

 

Terminer le projet sur un titre intitulé Vision 2, n’est pas un hasard. Cela fonctionne même comme un présage, pour indiquer à l’auditeur que ce n’est que le début.

Depuis plus de 4 ans, le 240 GANG fait sa place dans la scène rap réunionnaise. Ils enchaînent les collaborations avec des artistes tels que Le Moonjor, Kloze, Keyo, Kama, Ti Lk, et bien d’autres.

Ils sont également d’une productivité incroyable, entre projets solos, featuring et projets collectifs, freestyle, …

On ne peut le nier, les 3 membres dans leurs styles respectifs nous fédèrent tant sur leurs techniques que sur la qualité de leurs plumes et des univers qui les alimentent.

 

Le 240 GANG a ainsi réussi à générer autour d’eux la reconnaissance, le respect ainsi que la hype.

Et c’est justement en cela que nous faisons écho à notre titre. Désormais, à l’instar des héros du multivers Marvel, réunis pour former les Avengers, Kid Flash, Joe Rem et Guimzy vont être attendus par leur public sur des projets commun et L’EST ANGELES signe très probablement la suite de multiples collaborations à venir.

 

Enfin, c’est une simple supposition qui relève de notre VISION (3 ?)

Et vous, qu’avez-vous pensé de la mixtape de manière générale ? N’hésitez pas à nous partager vos avis et commentaires !

 

Tony D.

 

 

A DECOUVRIR AUSSI : Kid Flash | Interview FONDKER – Le 240Gang, Ses Inspirations Artistiques, Le BeatMaking

 

 

1 réflexion au sujet de « Pourquoi « l’EST ANGELES » marque un virage dans la carrière du 240 GANG ? »

Laisser un commentaire